mercredi 25 septembre 2013

Sonnette d'alarme

Lorsque vous lirez ces lignes, vous vous poserez de nombreuses questions sur les médicaments qui sont censés vous soigner ainsi que votre famille. Je vous communique deux chiffres sur le taux de contrefaçon des médicaments. Dans les pays développés il est d’environ 1%, avec des organismes spécialisés qui luttent en permanence pour la préservation de la santé de leur population. En Afrique, l’Organisation Mondiale de la Santé estime entre 30% et 70% le taux de contrefaçon sur les médicaments. Même si ce taux varie selon les pays, il est plus qu’alarmant. Il donne en outre des sueurs froides, puisqu’en avril 2013, une opération conjointement menée par l’Organisation mondiale des douanes et l’Institut de recherche anti-contrefaçon de médicaments (IRCAM) de Paris, a donné les résultats suivants dans 23 ports africains, sur une période de dix jours: plus d'un milliard d'articles contrefaits ; plus de 550 millions de doses de médicaments illicites, potentiellement dangereux et mortels. Plusieurs groupes de produits sont touchés sans que cette liste ne soit exhaustive : antibiotiques,  antiinflammatoires, antidouleurs, antihypertenseurs, antidiabétiques, compléments alimentaires, etc. En 2010, ce trafic mortel représentait dans le monde environ 75 milliards de dollar. 
 
Je vous avais prévenus quant aux nombreuses questions que vous vous poseriez. Je vous laisse entrevoir, à ce stade de cette tribune, le drame qui se joue au quotidien dans plusieurs villes africaines.Pour commencer, certains opérateurs économiques passent commande de ces produits dangereux, de bonne foi. D’autres passent commande en toute connaissance de cause. Certaines autorités effectuent les contrôles avec tout le professionnalisme requis. D’autres, au contraire, effectuent des contrôles de complaisance, ou n’effectuent pas de contrôle du tout ; ils ont reçu de l’argent et pour eux, c’est le plus important. Pour boucler la boucle, des circuits de distribution écoulent chaque jour ces poisons dans les veines de nos populations avec pour corollaire d’énormes problèmes de santé publique.   
Ces populations sont triplement victime d’un commerce que je n’arrive toujours pas à qualifier : 
-          Victimes de n’avoir pas été soignées ;
-          Victimes d’un risque mortel ;
-          Victimes d’avoir acheté et donc alloué leur budget de santé à des non-médicaments et à
        des poisons.
 
Pendant que vous lisez cette tribune, des conteneurs de médicaments contrefaits sont toujours acheminés sur le continent. Des personnes en font leur business, tandis qu’une grande partie de la population est en train de les utiliser pour se « soigner ». 
 
Un extrait du plus ancien ouvrage de médecine chinoise traditionnelle (le Huang di Nei Jing) indique que « le sage n’attend pas que les hommes soient malades pour les soigner, il les guide quand ils sont en bonne santé. » Que chacun de nous soit un sage pour son entourage.
 
 
 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire